DISTRIBUTION DE STICKERS : Semaine du 25 juillet 2016

Les Stickers de la campagne sont disponibles à la FORF au 26 Rue Borno, Bois Moquette, Pétion-Ville

 

DISTRIBUTION DE STICKERS : Semaine du 25 juillet 2016

1- Dans tous les Points de Vente de  ACCESS HAITI à Port-au-Prince
2- Dans les jours et points suivants:
Mardi 26 juillet: Station SOL à Nazon
De 3h à 6 h Station NATIONALE au Canapé Vert
GIANT Supermarket
Mercredi 27 juillet Station TOTAL Oasis – Rue Pan Americaine
De 3h à 6 h Station NATIONALE Laboule
Jeudi 28 juillet COMPAS Market Juvenat
De 3h à 6 h Station SOL St Therese
vendredi 29 juillet CARIBBEAN Supermarket
De 3h à 6 h BIG STAR Market
N.B. D’autres points de distribution à venir

 

Note de presse # 1 – Konbit Ayiti Pwòp

NOTE DE PRESSE # 1

image001Le 13 juin, jour de ses 99 ans, Madame Odette Roy Fombrun a crié son désespoir ne voulant pas mourir laissant Haïti un pays fatras. Elle invite chaque Haïtien à l’accompagner dans un combat appelé « Konbit Ayiti Pwòp ».

Elle a présenté un autocollant montrant une main ouverte devant une rue propre qui signifie : Kanpe ! Kenbe lari pwòp ! La Fondation Odette Roy Fombrun a entrepris la distribution gratuite des stickers et demande de les coller sur la vitre arrière de tous vos véhicules et sur les portes de vos entreprises.

Madame Fombrun félicite tous ceux déjà engagés dans le nettoyage des rues. Elle leur demande d’entreprendre des actions durables pour chaque quartier et chaque rue.

Elle appelle les entrepreneurs et artistes à exploiter les déchets pour les transformer en richesses, produire des revenus et améliorer l’environnement.

Ensemble, faisons la grande « Konbit Ayiti pwòp »
Viv Ayiti pwòp !

N.B. Les jours et points de distribution de stickers seront communiqués dans une prochaine note de presse.
Pour plus d’informations, appelez la Fondation Odette Roy Fombrun pour l’Education (FORF) au 3170-6000

14 juillet 2016

Invitation au Forum international “Sur les traces de nos ancêtres amérindiens”

Le Forum international “Sur les traces de nos ancêtres amérindiens” aura lieu du 18 au 20 avril 2013 à l’Hôtel Kinam à Pétionville. Le programme est régulé ; les présentateurs sont invités à polir leurs présentations ; les promoteurs proposent des contributions financières ; et les participants s’inscrivent. Rejoignez-nous ! Pour vous inscrire au forum, envoyez-nous un email à forum@forfhaiti.org

LOGISTIQUE
Ouverture de l’événement : Soirée du 18 avril 2013 (détails à venir)
Sessions sur le forum : 19 à 20 avril 2013, 8 h 30 – 17 h00
Lieu: Ritz Kinam, Rue Panaméricaine, Pétion-Ville, Haïti
Coût : Possibilité d’une somme modique à la porte
Qui devrait y assister ? Des chercheurs, des collectionneurs, des personnes concernées par le patrimoine de l’Amérindien, les étudiants et les enseignants en ethnologie, Ministères de la Culture, du Tourisme, de l’Environnement, des membres et des associations de tourisme, voyagistes, les autorités locales où est situé le patrimoine amérindien, les législateurs, les médias

BUTS DU FORUM
Pour augmenter la prise de conscience du passé d’Haïti Taino et le patrimoine vers et à atteindre inventaire officiel des richesses
Pour encourager la protection et la préservation accrue de la richesse culturelle d’Haïti
Pour motiver les tour-opérateurs et les institutions disposent de sites archéologiques en Haïti visites locales et d’éco-tourisme, favorisant ainsi Touris Lakay
Pour motiver les collectivités locales afin de protéger et de développer leur potentiel Touris Lakay
Afin d’encourager la création d’un Musée amérindien

THÈMES
Identifier le patrimoine amérindien existant en Haïti: vers un inventaire systématique. Expériences d’autres pays.
La vie des Amérindiens avant Christophe Colomb: la culture et de la société sur l’île et les régions avoisinantes.
Le contact de civilisations : Taïnos, Caraïbes et les Africains sous la colonisation européenne (dans la région de l’île d’Haïti comme point focal)
Amérindienne coutumes de survie dans la culture haïtienne d’aujourd’hui (langue, les coutumes, la religion, la cuisine, les connaissances traditionnelles, etc)
Perspectives, des potentialités et des propositions pour l’exploitation rationnelle de ces richesses culturelles (point de vue des éducateurs, des spécialistes du patrimoine, des muséologues, des experts du tourisme

PRÉSENTATEURS

Les séances seront dirigées par une variété bien connus des ethnologues et des chercheurs, y compris :
– Gilbert Valme, chercheur et écrivain
– Guy Maximilien, chercheur
– Rachelle Charlier Doucet, ethnologue
– Kathleen Deagan de l’Université de Floride (recherche et publication sur Puerto Real)
– Mireille Ain et Rachel Beauvoir Dominique, Taino et la religion vaudou

Réalisations Chansons d’Haïti

Le projet Chansons d’Haïti avance bon train et les événements suivants ont eu lieu :

2 juillet 2012 : Présentation du projet de musique par Karine Margron à des personnalités du monde de la musique et des directeurs d’écoles de musique. Un grand enthousiasme pour “Chansons d’Haïti”.

22 novembre 2012 : Lancement officiel de “Chansons d’Haïti”, première phase du projet, vue d’ensemble des projets à venir, annonce de la disponibilité de matériel pour les écoles de musique, les écoles ordinaires ayant un intérêt particulier pour la musique et aux artistes intéressés pour libre.

Septembre 2012 : Répartition des bourses à des étudiants pour l’année scolaire 2012/2013.

19 janvier 2013 : Présentation officielle des 3 premières volumes et CD parrainés par la création Fondation Culture et la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL). L’événement, qui s’est tenu au théâtre FOKAL à Port-au-Prince, a été accueilli par une foule très enthousiaste d’amateurs de musique et des personnalités impliquées dans les arts. Tous les participants ont reçu des copies des deux premiers volumes et une édition limitée du CD volume 3 était en vente. La présentation a été suivie d’un cocktail et de partage d’amuse-gueule au grand plaisir de tous.

La FORF à Livres en Folie 2016

Les 26 et 27 mai 2016, la FORF était présente au Parc historique pour proposer ses ouvrages de aux acheteurs dans le cadre de Livres en folie. L’activité, payante, étant ouverte au grand public, des acheteurs et clients de tous types, enfants et adultes, ont visité notre table, sous la tente de l’ICOM (Conseil international des Musées).  dsc01743Les titres suivants étaient proposés : Toussaint, le Spartacus noir ; Sur les traces de nos ancêtres amérindiens / Actes du forum ; Citoyenneté et Violation des droits ; L’Ayiti des Indiens (livre de collection) ; Konbit tèt ansanm ; Eleksyon ann Ayiti ; Dwa ak Devwa tout Ayisyen ; Ti koze sou Konstitisyon d’Ayiti ; Collection de sept cahiers de musique Chansons d’Haïti ; L’Ayiti des Indiens / La vie taïno et le patrimoine taïno (DVD) ; Leçons de Morale et d’Instruction civique. La diversité de la production de la FORF a fait le bonheur des visiteurs de tous horizons, des plus petits aux plus grands.

D’ORES ET DÉJÀ, NOUS VOUS ATTENDONS À LIVRES EN FOLIE 2017 !!!

Vers l’exploitation artisanale de l’héritage taïno à Ravine Sèche

La Fondation Odette Roy Fombrun pour l’Éducation (FORF), en association avec la Fondation Françoise Canez Auguste (FFCA), la Fondation Lise Antoine Saint-Natus (FLASSEF) et l’organisation Volontariat pour l’Intégration et l’Encadrement des Jeunes (VIE Jeunes), interviennent à Ravine Sèche dans le cadre d’un projet de promotion et d’exploitation de l’héritage taïno. Cette première phase concerne la sensibilisation et la formation des résidents à la production artisanale d’inspiration taïno aux fins de réduction de la pauvreté par l’insertion de leur village dans le circuit touristique de la zone des Arcadins. La phase initiale est supportée financièrement par le programme européen pour la Culture à travers le VDH, la COOPI et la Fondation Africamérica.

Le village de Ravine Sèche situé à Bois-Neuf dans le bas Artibonite est une localité où des recherches archéologiques ont été effectuées et où l’héritage taïno est bien documenté. Celui-ci est aussi très présent dans l’esprit des résidents qui ont participé aux recherches et se sont intéressés à cette culture ancienne de l’histoire nationale. Dans ce village très pauvre, les gens vivent dans des conditions précaires. Cependant, récemment leurs habitats ont été considérablement améliorés avec la construction par Food For The Poor de 125 maisons aux couleurs agréables et grâce à l’appui inconditionnel de la famille Saint-Natus. Le village est situé au pied de mornes fort dénudés et près d’un ravin qui parfois est inondé lors de grandes pluies.

La première phase d’initiation à l’exploitation de l’héritage taïno financée par le programme européen pour la Culture (PEC) doit porter les intéressés à exploiter l’une des richesses naturelles de leur zone, dont l’argile, pour produire des articles en poterie, bijouterie, tissage, vannerie,… inspirés de l’art taïno. L’objectif est de fournir aux populations défavorisées de la localité de nouvelles opportunités d’emplois dans le respect de l’environnement et de contribuer à l’élargissement de l’offre artisanale haïtienne. La vente de ces produits permettra d’améliorer les conditions de vie de la population de Ravine Sèche.

La démarche encouragera la recherche sur l’héritage taïno d’Haïti, permettra de divulguer de nouveaux savoirs, de faire la promotion de l’art taïno, d’augmenter les capacités productives et économiques de plus de 125 familles et de développer un nouveau site touristique dans la zone pour attirer les visiteurs de tous genres, grands et petits, écoliers et étudiants, nationaux et étrangers.

Avec la participation active de deux formateurs professionnels Sony Louis et Honchyse Joseph, près d’une trentaine de jeunes ont été initiés aux techniques de base pour la fabrication d’articles en poterie et en bijouterie, les derniers étant faits en grande partie de matériaux de récupération. Durant deux mois, des cours pratiques ont permis aux bénéficiaires de se doter de nouvelles capacités de développement en vue d’améliorer leur condition de vie. Coordonné par Jimmy Borgella, président-fondateur de VIE Jeunes, assisté de Gary Cassamajor (coordonnateur de terrain), cette phase d’expérimentation et d’initiation a démarré en octobre 2015.

Pour Marie-Claude Bayard, directrice exécutive de la FORF, la Fondation tient à s’investir dans le développement durable à partir de l’exploitation artisanale et touristique des richesses naturelles, historiques et culturelles présentes un peu partout dans le pays. Éventuellement à Bois-Neuf, la Fondation espère mettre en place un petit musée/centre d’interprétation taïno sur un carreau de terre reçu sous forme de don en hommage à la docteure Lucie Paultre de sa famille qui partage également la vision de la FORF. Madame Bayard espère arriver à obtenir l’implication d’autres acteurs et organisations susceptibles d’offrir à la population de Bois-Neuf les différents services dont elle a besoin pour son développement. « La phase suivante portera sur le renforcement des capacités de création, de production, de distribution et de vente avant d’entamer la construction du centre d’interprétation du village taïno », poursuit-elle dans ses réflexions.

Georges Voltis, un des participants au cours de poterie, affirme : « Je suis profondément ému de voir comment je vivais autrefois avec l’argile sans même savoir ce que c’était. Maintenant, je le sais et je l’utilise comme objet de transformation et de création de richesses pour assurer mon avenir. Je suis un artiste, et je pratique une forme d’art avec, dans mon environnement,  tous les éléments dont j’avais besoin pour développer mon talent d’artiste. Et grâce à ce projet, je peux faire des choses merveilleuses ».

Selon Mme Michaelle Saint-Natus, la pérennisation de l’action fait partie intégrante des activités du projet. « Nous pensons à placer les objets produits par nos artisans dans les étalages d’hôtels de la côte des Arcadins, à créer une association d’artisans de Ravine Sèche en vue de renforcer les capacités organisationnelles et productives d’associations artistiques et artisanales de la zone en général et à mettre des artisans de  Ravine Sèche en relation avec des producteurs dans d’autres localités ». Les pamphlets qui seront produits dans le cadre du projet, ajoute-t-elle, permettront aussi de reproduire ce même travail et d’implanter d’autres projets ailleurs.

Les bases sont désormais jetées. Il s’agit maintenant de consolider les actions, de développer les synergies avec d’autres partenaires pour exécuter les prochaines phases du projet. La population de Ravine Sèche mérite un accompagnement qui favorisera son essor en réduisant sa pauvreté. Ce projet est considéré comme un modèle qui à notre humble avis, devrait se dupliquer dans d’autres régions du pays.

Article de Aljany Narcius, Le National

Sur les traces de nos ancêtres amérindiens

Cet ouvrage est issu du premier forum international sur l’héritage amérindien d’Haïti organisé par la Fondation Odette Roy Fombrun (FORF) et ses partenaires du 18 au 20 avril 2013, sous la direction de l’anthropologue bien connue Rachelle Charlier Doucet.

La FORF lutte depuis de nombreuses années pour que ce patrimoine non-exploité retrouve sa place dans le paysage culturel haïtien. Elle lance un cri d’alarme devant la dégradation et le pillage des vestiges témoins de ce pan de l’histoire nationale.

Le document auquel ont contribué une vingtaine de spécialistes fait un état des lieux et propose des pistes pour la sauvegarde et l’exploitation rationnelle de ce patrimoine au bénéfice de la nation. L’ouvrage vise à alimenter la réflexion des décideurs et sensibiliser la population à cet effort collectif.

Résolution des travaux du forum « Sur les traces de nos ancêtres amérindiens »

De la résolution découlant des travaux du forum « Sur les traces de nos ancêtres amérindiens », les signataires du document proposent  « que le mois de mars (mois du massacre de milliers de Taïnos au combat de la Vega Real, mois de la disparition tragique de Caonabo, de la trahison et de la pendaison de la reine Anacaona), soit consacré à l’héritage amérindien».

Dans les hauteurs de Pétion-Ville, nous étions partis “Sur les traces de nos ancêtres amérindiens”. Jamais nous n’avions vu autant d’objets montrés sur des Taïnos dans l’exposition qui eut lieu à l’hôtel Ritz-Kinam II les 19 et 20 avril 2013. Cette exposition tenue dans le cadre d’un colloque organisé par la Fondation Odette Roy Fombrun pour l’éducation (FORF) avait mis en lumière un pan de notre patrimoine historique et culturel oublié.

Le visiteur avait pu apprécier tout un ensemble de pièces artisanales que les premiers habitants de l’île réussirent à fabriquer à partir de la terre glaise et de la pierre. Notons au passage que beaucoup d’objets exposés appartiennent à des collections privées. Ils s’arracheront en effet à prix d’or quand un musée consacré aux Taïnos voudra un jour les acquérir.

Dans le cadre de cette exposition, le visiteur a été marqué par le talent artistique de nos créateurs. Ces derniers se sont inspirés de l’art Taïno pour composer leurs oeuvres. Peintres, artisans, stylistes nous avaient permis de remonter le temps en créant une atmosphère qui incite à imaginer la vie sur la terre d’Haïti avant l’arrivée des colons espagnols. Côté musique dans cette aventure, le didgeridoo (qui évoque en quelque sorte la ressemblance avec une trompe d’éléphant) dans lequel souffle Grégory Vorbe faisait dans la salle un bourdonnement, un son de basse.

La résolution du forum

Si l’exposition a permis à l’oeil d’apprécier quelques fragments de la richesse des Taïnos, le forum ne fera que conforter par le discours la nécessité de s’engager « sur les traces de nos ancêtres amérindiens » pour mieux connaître l’histoire de l’île. Sur la base de ces connaissances, on finit par comprendre « qu’il est impératif de protéger et valoriser tout ce qui constitue le patrimoine identitaire national. »

A ce forum, un ensemble de professionnels ont planché sur plusieurs thèmes voisins du thème central. Ont eu la parole des spécialistes en patrimoine, architectes, archéologues, anthropologues, ethnologues, collectionneurs, gestionnaires, chercheurs, éducateurs. De même que des opérateurs et autres représentants du secteur touristique, artistes, étudiants, représentants de descendants d’Amérindiens, citoyennes et citoyens concerné/es. Ce sont ces diverses compétences qui ont signé la résolution découlant des travaux au Ritz Kinam.

Déjà publié dans Le Nouvelliste, nous reprenons telle quelle une bonne partie de la résolution découlant des travaux du premier forum organisé par la FORF à Pétion-Ville.

La résolution propose « que le mois de mars (mois du massacre de milliers de Taïnos au combat de la Vega Real, mois de la disparition tragique de Caonabo, de la trahison et de la pendaison de la reine Anacaona) soit consacré à l’héritage amérindien». Elle recommande, « à la société haïtienne dans toutes ses composantes et à l’Etat haïtien, de lier la notion de protection de l’environnement à celle de protection du patrimoine et de connaissance historique du territoire, en tant qu’apports essentiels à son aménagement et d’en faire des thèmes transversaux devant orienter leurs réflexions et actions en vue du développement durable du pays».

Elle revendique « de l’Etat haïtien la définition et l’application d’une politique publique de la culture et du patrimoine, claire et précise, et résultant d’un processus consultatif large et inclusif».

Elle réaffirme « l’engagement à mener la lutte aux côtés de l’État haïtien, pour une réappropriation globale de notre patrimoine tangible et intangible – et en particulier de notre patrimoine amérindien longtemps négligé – ce, dans une perspective de développement social, culturel et économique du pays. Cette démarche vise aussi à inscrire notre pays dans le vaste mouvement de revendication identitaire des « Peuples Premiers » du continent américain et de la Caraïbe».

Elle encourage « la société haïtienne dans toutes ses composantes et l’Etat haïtien à se mobiliser pour qu’une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation à la protection du patrimoine et à une exploitation responsable de ces richesses nationales soit menée le plus rapidement possible à travers tout le pays, dans les médias, les écoles, les universités, les églises, les groupes de jeunes et de femmes, les clubs de patrimoine, les associations de base, les associations professionnelles, les associations culturelles, les sociétés savantes, etc.»

Elle demande « instamment au ministère de l’Education nationale de créer une commission interdisciplinaire pour procéder à la révision du curriculum et des manuels d’histoire, afin de donner une place méritée à la civilisation amérindienne de l’île, d’éliminer les stéréotypes contre nos ancêtres, qu’ils soient Arawak-Taïnos, Caraïbes ou Africains, et de préconiser une approche critique mais sereine de l’enseignement de l’histoire».

Elle demande « au ministère de la Culture et au Parlement haïtien de se pencher rapidement , d’une part, sur la définition des mécanismes de mise en application des quatre conventions de l’Unesco ratifiées en 2009, notamment la « Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriétés illicites des biens culturels» et , de l’autre, sur la refonte des textes de lois incomplètes et désuètes concernant le patrimoine national (naturel et culturel)».

Elle exige «que l’Etat exerce un contrôle plus serré sur les fouilles et toutes sortes de recherches et explorations menées dans le pays, et qu’il exige que les résultats lui soient soumis avant d’être publiés. Demandons que les instances concernées se penchent sur la problématique de la vulgarisation prématurée et désordonnée par tout venant de données sensibles qui pourraient résulter de ces recherches, vulgarisation qui contribue indirectement au pillage de notre patrimoine national».

Elle réclame que « l’Etat haïtien, à travers des réformes institutionnelles et des allocations budgétaires substantielles, démontre de manière non équivoque son intérêt pour le secteur « culture et patrimoine » du pays. En particulier, nous, citoyennes et citoyens concerné/es, demandons instamment que des dispositions légales, administratives et budgétaires soient rapidement prises afin de moderniser et renforcer les institutions chargées de la gestion et de la protection du patrimoine, telles l’ISPAN, le MUPANAH, le Bureau national d’Ethnologie, les Archives nationales et la Bibliothèque nationale, pou ne citer que celles-là. »

Article de Claude Bernard Sérant, Le Nouvelliste

Article du Nouvelliste sur Chansons d’Haïti

 Pour la sauvegarde du patrimoine musical haïtien

En fin pédagogue, Karine Margron fustige, une pointe de tristesse dans le ton, l’invasion des nouveaux rythmes étrangers : pop, RnB, rap et reggae. Elle déplore la facilité trop flagrante qu’offre la technologie qui nous bombarde de musiques synthétiques. Elle propose, projection et exemples musicaux à l’appui, des outils aptes à préserver nos chansons dans leur originalité et leur authenticité.

Honorée de la présence de la ministre de la Culture, Monique Rocourt, de la chanteuse classique Jamie Cartright et d’Erol Josué, directeur du Bureau national d’Ethnologie, la chercheuse était en conférence, mercredi 27 août, à la Bibilotghèque nationale d’Haïti dans le cadre d’un partenariat avec l’Ecole nationale des arts (Enarts).

Comment définit-elle le patrimoine ? « Creuset de la diversité culturelle dont la préservation est le garant de la créativité permanente de l’homme. » Cette définition, proposée par l’Unesco, prétexte sa mise en mémoire de nos chansons originales en les préservant des déformations et des mélanges des rythmes sous l’effet de l’acculturation, expliquée par l’impérialisme culturel des Nord-Américains.

Les jeunes, trop enclins à créer librement dans des styles qui ne trahissent pas leur époque, ne disposent pas de matériels didactiques qui leur permettraient de conserver les chansons folkloriques, populaires, religieuses, traditionnelles et classiques dans leur version originale.

Karine Margron plaide pour la production de matériels didactiques. Aux côtés du mentor Julio Racine, compositeur et flûtiste, elle écrit des partitions, met en page des recueils et s’adonne à l’interprétation des mélodies. Julio Racine, lui, fait des arrangements simples pour guitare, et d’autres plus complexes et inédits pour voix et piano. Elle part de ses observations, d’un cadre empirique et reçoit les informations à l’état brut pour les inscrire, ensuite, dans un cadre purement théorique et pédagogique. Son travail comporte un triple aspect : elle recherche et compile, formalise et édite, publie et divulgue.

Ainsi est né son projet « Chansons d’Haïti », recueil de chansons haïtiennes en partitions écrites qu’elle propose au monde académique et aux universités, qu’elle veut rendre accessible en Haïti comme à l’étranger. Ce matériel s’adressant aux écoles –publiques ou privées– de musique, à tous les jeunes débutants en musique, est accompagné d’un CD. Il comporte des chansons écrites, des retranscriptions. Il est consacré à l’harmonisation, à l’écriture musicale, etc.

Les trois premiers recueils de « Chansons d’Haïti », déjà soumis à un public cible et distribués gratuitement aux écoles de musique, contiennent au total 40 chansons et 9 mélodies folkloriques. Premier volume : 20 chansons pour voix et accords. Deuxième volume : 20 chansons pour voix et accords (3 000 exemplaires). Troisième volume: 9 mélodies folkloriques pour voix et piano (1 000 exemplaires avec CD de démonstration incorporé). La publication des volumes 4 (16 mélodies pour voix et piano) et 5 (spécial Raoul Guillaume : 10 mélodies pour voix et accords) est projeté pour novembre 2014.
Elle aurait tort de jeter dans l’ombre cette belle palette de musicologues valables et minutieux qui ont, depuis les années 1930, tracé le chemin. Elle les salue au cours de son allocution : René Victor, Werner Jeagerhuber, Lina Mathon Blanchet, Ferère Laguerre, Michel Déjean, Guerdes Fleurant et Claude Dauphin, auteur de « Histoire du style musical d’Haïti », « ouvrage le plus considérable qui ait jamais été écrit sur la musique haïtienne et sur la diversité de ses pratiques », reconnaît aussi la conférencière.

En février 2015, un concert de levée de fonds au bénéfice d’Haïti aura lieu, sous l’impulsion de la conférencière, à l’ambassade d’Haïti à Washington pour l’achat et le transport de quatre pianos pour une école de musique à Jacmel. Elle sera reçue, en avril de l’an prochain, à Hambourg, en Allemagne, où elle prononcera une «conférence-chanson » pour parler de son projet « Chansons d’Haïti ».

La directrice de la BNH, Emmelie Prophète, salue cet effort de Karine Margron de donner au savoir musical haïtien du « contenu ». La ministre Rocourt, dans des propos fort religieux, confie que le travail de Karine est un héritage pour la postérité. « Ça doit s’inscrire dans notre patrimoine immatériel », lâche-t-elle.
Et Philippe Dodard de conclure : « Karine Margron, plus qu’une chanteuse, est un événement. »

(Article de Le Nouvelliste écrit par Rosny Ladouceur, publié le 3 septembre 2014)

Étude des grottes haïtiennes

La FORF appuie l’expédition spéléologique Ayiti Toma 2009, un projet d’étude des grottes en Haïti lancé par un journaliste professionnel, photographe Carole Devillers et spéléologue Olivier Testa. Les trois principaux objectifs du projet sont de rechercher des vestiges, artefacts et peintures dans les caves de la culture indienne Taino, d’étudier les grottes sacrées et les rituels associés à ces cavités, d’explorer et superviser les incompréhensibles “nids-de-poules” trouvés en Haïti. Les perspectives sont nombreuses et profiteront à Haïti dans divers domaines tels que la culture, le tourisme, la formation de guides haïtiens, la protection et la préservation du patrimoine national ainsi que les sciences. De semblables grottes ont été découvertes récemment en Haïti, y compris la Grotte Marie Jeanne près de Port-a-Priment. Une découverte récente de ruines coloniale de plantations de café témoigne de la richesse des trésors historiques qui restent encore à découvrir en Haïti.