Vente-signature de l’album musicale “Tambour, âme ancestrale” de Welele Doubout.

« Depi tanbou frape, Ayisyen leve danse. » C’est à Fubar qu’a eu lieu, le 12 novembre 2020, la vente-signature de l’album “Tambour, âme ancestrale” du talentueux percussionniste Welele Doubout, ainsi que la conférence-débat coanimée par Welele et le chanteur Lòlò, figure de proue de Boukman Eksperyans. Pour les amants de la musique haïtienne, ce fut un vrai régal offert par la Fondation Odette Roy Fombrun pour l’éducation (FORF) et le projet “Chansons d’Haïti”.

Les propos de bienvenue de la représentante de la FORF, Marie Françoise D. Gonzales, ont rappelé les différents champs d’activité de la Fondation. Ils ont aussi mis l’accent sur l’étroite collaboration avec Karine Margron, initiatrice du projet “Chansons d’Haïti”, qui a permis de parvenir à la production de 10 cahiers de musique  du terroir et de 6 cd, dont celui de Welele Doubout, “Tambour, âme ancestrale”. Aujourd’hui, la fondation est fière d’avoir contribué à la sauvegarde et à la promotion de plusieurs dizaines de partitions du patrimoine musical d’Haïti, pour le plus grand bonheur des écoles de musique et de danse, nationales et internationales. Un 11e cahier est en cours de production et doit sortir incessamment.

Avec deux partitions, “Peye pote” et “Ayibobo”, l’orchestre de l’Académus’Art de Hinche a fait voyager et danser l’assistance.

Puis, avec roulements et katas de tambour, Welele et Lòlò ont introduit la conférence sur les thèmes “C’est quoi le rythme musical haïtien et sa richesse ?” et “Poukisa jenès la sipoze enterese ak mizik tradisyonèl yo ?”. Dans son intervention, Welele a donné vie aux différents rythmes musicaux haïtiens tels le congo, le pétro, le yanvalou  en faisant apprécier leurs différences et leurs attraits particuliers. En parlant de rabòday, il a fait ressortir le fait que ce rythme existe chez nous depuis fort longtemps et non pas à partir de 2010 comme le font croire certains dj qui proposent en fait un mélange de rythmes afro-haïtiens qu’ils appellent “rabòday”. En effet, ce rythme était l’une des musiques de prédilection des esclaves de la colonie qui aimaient le chanter et le danser lors de leurs konbit, corvées et autres. De son côté, Lòlò a rappelé  l’importance de nos racines, de nos traditions auxquelles nous devons nous attacher avec conviction. Il nous invite à repousser tout ce que qui est mal ou laid dans la nature pour embrasser de préférence tout ce qui est beau, tout ce qui est bien et qui nous sollicite. Il nous invite par-dessus tout à embrasser notre identité culturelle qui nous définit et nous singularise en tant qu’être humain.

Puis c’était au tour du Quintette Sainte-Trinité, accompagné de Théophile Joseph à la flûte et Welele aux percussions, d’exécuter de très beaux morceaux. Ensuite Global Hip-Hop, représentée par Amandine Saint-Martin, a séduit l’assistance par ses gracieux pas de danse au rythme du tambour.

Pour la deuxième partie de l’activité, Welele a signé beaucoup de cd. Il n’a pas manqué d’échanger avec un public intéressé sur les problèmes économiques, sociaux et politiques du moment tandis que la musique continue de faire danser les participants.

Il convient de rappeler que cet événement fait partie de nombreuses activités prévues par la Fondation Odette Roy Fombrun dans le cadre de son programme de sauvegarde et de promotion du patrimoine culturel d’Haïti tourné vers l’éducation du citoyen et le développement économique et social des communautés.

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